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L’Inde est un pays qui intrigue. Certains en sont rebutés, d’autres irrésistiblement attirés. C’est un territoire aux mille facettes, complexe, déroutant, mais qui mérite sincèrement qu’on s’y attarde.
J’ai eu la chance de m’y rendre le mois dernier. Un voyage durant lequel j’ai pu aller à la rencontre des habitants, visiter leurs maisons, apprendre leur façon de vivre. Mais c’était aussi pour moi l’occasion d’explorer la jungle, dans l’espoir d’y apercevoir le fameux tigre. Spoiler : ce n’est pas aussi simple qu’on pourrait le croire… Je vous en parlerai dans un prochain article.
Partir en Inde, c’est revenir changé. Et c’est exactement ce qui m’est arrivé. À vrai dire, je n’étais pas vraiment convaincu au départ. Ce n’était pas sur ma liste de priorités. Mais après avoir bien étudié la destination, j’ai fini par me dire : « Il faut y aller pour se faire sa propre idée. »
L’Inde souffre malheureusement d’une mauvaise image. On l’associe souvent à un manque d’hygiène, à la saleté, voire à toutes les maladies du monde. Pourtant, cette vision est réductrice, voire trompeuse. L’Inde, c’est un pays à part, avec une culture et des traditions uniques. Il faut la vivre pour la comprendre… et surtout, l’accepter.

Oui, certaines rues sont sales. Oui, des gens se lavent parfois dans la rue. Oui, la pauvreté est visible et bouleversante. Mais cela ne doit pas occulter la richesse du pays. Il suffit parfois de quitter les grandes villes, de s’aventurer dans les villages pour que l’image de l’Inde change radicalement.
D’est en ouest, chaque État est différent : climat, traditions, rapport aux touristes… tout varie. Dans certaines zones peu touristiques, les habitants sont simplement heureux de vous rencontrer, de discuter, de partager un moment. Le rapport est sincère. Ils vous remercient chaleureusement d’avoir pris la peine de venir jusqu’à eux. C’est la première fois que cela m’arrive : on me remercie de visiter leur pays.
Sortir des sentier battus
C’est ce que j’adore faire : sortir des sentiers battus. Me balader à pied ou à vélo, laisser le hasard faire les choses. Et avec juste ce petit effort, j’ai vécu les moments les plus intéressants du voyage. Et ça fonctionne. Peu importe la langue, on finit toujours par se comprendre.
J’ai vu des enfants jouer au cricket avec les moyens du bord, c’est-à-dire un bout de semelle de chaussure et un bâton de bois. Le cricket est le sport national par excellence de l’Inde. Il est suivi par la majorité des Indiens, et tout le monde y joue, peu importe les moyens.
L’un de mes meilleurs souvenirs reste cette partie de cricket improvisée avec ces enfants. J’ai demandé à essayer. Ils ont accepté avec joie, mais aussi avec étonnement. Ils devaient se demander ce que cet étranger voulait faire. Même avec la barrière de la langue, on avait réussi à se comprendre, et ils ont vite compris mon souhait. Rien qu’avec des gestes, on s’était compris et la magie a commencé. On a joué 45 minutes, à rire, à se taquiner. À rigoler surtout, car je n’étais pas doué du tout ! Au fur et à mesure, les parents sont venus regarder, et les autres enfants ont suivi. C’était un moment magique ! Les enfants ont essayé nos vélos pendant que les autres jouaient avec moi. Il faut savoir que j’amusais bien la galerie, car je n’arrivais à toucher aucun lancer, au grand plaisir des parents qui rigolaient.

On a visité plusieurs villages de ce type. Des lieux simples, sans artifices, mais remplis de vie. Les gens ont peu de choses, mais un grand sourire.
Un autre moment marquant : je me promenais seul au coucher du soleil. Deux hommes à moto me préviennent de la présence possible de tigres (les villageois avaient vu une tigresse avec ses petits le matin même) ou de léopards. Au fur et à mesure de la conversation, avec un anglais approximatif de mes interlocuteurs, ils m’invitent chez eux. Trois sur une moto — c’est normal ici — direction la maison de Promot.

Il vit avec sa famille dans une maison ouverte, impeccable. La première chose qui m’a interpellé, c’était que tout était extrêmement propre : pas de superflu, que le nécessaire, rien ne traîne. Au milieu du patio, des baies de Mahua sèchent. C’est la période de récolte.

Ce petit fruit se trouve partout dans la région. Tout le monde se lève très tôt pour en récolter. C’est un peu comme les vendanges chez nous : tout le monde participe. Ce fruit sert à la production de la boisson locale du même nom, le « Mahua », un alcool fort que les familles font fermenter et vendent pour se faire des revenus supplémentaires.
Son ami m’invite ensuite chez lui. Tout est propre, fonctionnel. Il vit quasiment en autarcie : riz, farine, potager à perte de vue et vaches. Grâce aux pluies de la période de mousson, les nappes phréatiques sont toujours remplies, l’eau coule en abondance dans son puits. Et il est heureux. J’ai même eu droit à une dégustation de Mahua (très fort, d’ailleurs !).
C’était parti ensuite pour une visite du village. On s’est baladés. Ils étaient très intrigués par notre façon de vivre, nous, Européens. Promot posait beaucoup de questions, mais il était également fier de m’expliquer comment le village vivait. Il m’a présenté à tous ses amis. Ils m’ont ensuite raccompagné jusqu’à mon hébergement, de peur que je croise un tigre. C’est ça, l’Inde que je voulais voir : une Inde sans filtre, et vraie. Et cela a été comme ça tout le long du voyage. Des Indiens gentils, hyper sympathiques, accueillants et souriants.

La religion en Inde
L’Inde est un pays profondément spirituel. Chaque jour, une divinité est célébrée. Les temples sont omniprésents, toujours animés. Il est facile d’assister à une cérémonie, à condition de respecter les codes : pas de chaussures, pas de cuir, épaules et jambes couvertes.
Assister à une cérémonie, c’est participer à l’unité qui relie les Indiens à leurs divinités, c’est participer à une fête, rythmée par des chants et des instruments.

Il est difficile de résumer en un seul article la religion hindouiste, mais elle est liée à trois entités bien distinctes : Brahma, Vishnu et Shiva, qui forment le « Trimurti », la Trinité. À cela s’ajoutent plusieurs autres dieux et avatars, tous vénérés de différentes façons.

Les temples, quant à eux, sont omniprésents. Cela va des plus anciens aux plus récents. Tous ont leurs propres histoires, et il peut être intéressant de s’y intéresser et de comprendre sur quoi repose la vie des croyants.
La légende est vraie : partout où vous irez, vous verrez des vaches. Mais pas seulement. Les animaux sont sacrés, et les Indiens croient en la réincarnation. En leur donnant à manger, en les chouchoutant et en prenant soin d’eux, ils sont convaincus que, s’ils se réincarnent en ces animaux dans une autre vie, ils aimeraient que les prochains humains fassent la même chose pour eux.

En Inde, on croit fortement au karma. Si l’on fait un malheur à quelqu’un — animaux compris — un malheur peut nous arriver, et vice-versa. On ne fait pas aux autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse.
La sécurité
Dans les États que j’ai visités (Madhya Pradesh, Uttar Pradesh, Rajasthan), je ne me suis jamais senti en insécurité, que ce soit à pied, à vélo ou même en voiture. Même dans une ville de 3 millions d’habitants, on pouvait laisser nos vélos sans surveillance et sans les attacher longtemps, sans que rien ne leur arrive.
Le respect est palpable. Les vendeurs peuvent être insistants dans les zones touristiques, mais rarement agressifs.
Ce qui m’a le plus surpris en Inde, c’est qu’il n’y a jamais d’énervement. Les Indiens sont d’un calme impressionnant, je crois que ce sont les personnes les plus cool que j’ai rencontrées. Même au milieu du chaos routier, tout reste fluide, sans cris, sans tension.
« No horn, no drive »
Ce qui me fait arriver au rapport que possèdent les Indiens avec le klaxon.
Le klaxon est un code et une façon de communiquer pour eux. Il signifie : « je double », « je suis là », « attention ». Sans klaxon, pas de conduite possible. Les routes sont partagées entre voitures, camions, vaches, éléphants, tuk-tuks et piétons. Une cohabitation improbable, mais ça fonctionne ! Ça dépasse de partout, ça se croise au millimètre, sans jamais se toucher.

Donc conduire ici est quasi impossible, car il ne faut pas hésiter à y aller, même si on pense que ça ne passe pas. Les autres conducteurs s’adaptent sans changer de rythme. Tout paraît fluide, alors qu’en vrai, ce n’est pas aussi simple que ça, sans compter l’état des routes, parfois médiocre, même si des travaux routiers sont menés couramment.

Si vous souhaitez avoir une certaine liberté par rapport aux transports en commun, et pour plus de sérénité, mieux vaut faire appel à un chauffeur privé. Des agences sont disponibles et spécialisées dans ce service. En clair, vous louez une voiture, mais avec le chauffeur qui va avec. Il vous emmènera partout où vous souhaitez, et restera à votre disposition tout au long de votre voyage si vous le désirez.
Vous pourrez aller là où bon vous semble, il suffit de le demander à votre chauffeur.
Le coût reste abordable par rapport à une location de voiture classique dans les pays occidentaux. N’oubliez pas les pourboires, et pensez à partager parfois la nourriture avec vos chauffeurs : ça leur fait toujours plaisir, car leur salaire n’est pas très élevé. Et certaines fois, ils dorment dans leur voiture, car leurs employeurs ne leur paient pas l’hôtel… C’est le côté qui m’est insupportable et qui fend le cœur.
La nourriture
Il est bien connu qu’en Inde, la nourriture est très épicée ! Même si, dans les hébergements et hôtels, ils font en sorte de ne pas trop épicer.
Si vous vous apprêtez à aller en Inde, préparez vos papilles, car la nourriture indienne est non seulement très bonne, mais elle éveille aussi les papilles !

En général, si vous prenez Air India comme compagnie aérienne, vous commencez à goûter aux épices dès le premier vol !
La nourriture indienne tourne autour du riz, des lentilles, des légumes, du poulet, et des sauces très épicées, accompagnées par le chapati, le pain traditionnel indien à base de farine. On le trouve en particulier en Inde du Nord.
Les Indiens aiment les épices, mais vous pouvez demander de ne pas trop épicer vos plats.
Néanmoins, il existe des précautions à prendre pour ne pas tomber malade, surtout concernant l’eau. Quelques conseils pour cela : demandez toujours de l’eau en bouteille scellée ; certaines eaux peuvent être souillées.
Attention aux glaçons et aux crudités : les premiers peuvent être composés d’eau impropre, et les secondes peuvent être lavées avec de l’eau souillée.
De façon générale, je refuse toujours les glaçons quand je suis dans un pays à risque, et pour les crudités, je m’adapte au type de restaurant ou d’hébergement où je me trouve.
Je vous recommande fortement d’avoir dans vos bagages tout le nécessaire en médicaments dont vous pourriez avoir besoin, en particulier des médicaments antidiarrhéiques et anti-nauséeux.
Explorez !

N’hésitez pas à explorer les villes et leurs marchés, ce sont toujours des moments où vous êtes sûrs de voir la vie locale… et surtout, de la vivre. Comme le jour où nous avons visité le marché de Jaipur, une véritable fourmilière géante où les fruits, légumes et fleurs arrivent sur place et se vendent à la pelle.
Le rythme est bien codé : les femmes déchargent la marchandise vers les stands, et les hommes se chargent de la vente. Ce fut impressionnant de les voir porter autant de charges rien que sur la tête. Ces chargements peuvent peser des dizaines de kilos, et croyez-moi, ce n’était pas une partie de plaisir pour elles. Elles ont besoin de ce métier pour nourrir leur famille, en particulier les femmes seules avec leurs enfants.

Être dans ces endroits, c’est avoir tous ses sens éveillés : les bruits, les conversations, l’odeur des fleurs, des fruits mais aussi des épices et de la nourriture, les couleurs chatoyantes, les gens qui vous bousculent en se frayant un chemin… croyez-moi, vous vous sentez vivre ! Ce n’est pas un pays qui vous ennuiera ou qui est insipide, c’est pour cela que je l’adore.

Un paradis pour les photographes
L’Inde est un terrain de jeu extraordinaire pour les photographes. Si on veut apprendre à se libérer et ne pas craindre de prendre en photo des étrangers, il faut aller en Inde ! Ils sont très demandeurs, et les prendre en photo leur fait très plaisir — c’est même un honneur pour eux. Il ne m’a jamais été aussi simple de photographier des inconnus.
Les habits traditionnels sont bien ancrés dans les régions de l’Inde, ce qui en fait des sujets très intéressants à prendre en photo, surtout si vous débutez. Vous vous sentirez dépaysé, et si vous êtes curieux, vous aurez envie de photographier tout le monde.

Il faut bien sûr demander l’autorisation de les prendre en photo si vous souhaitez faire un portrait. Les prendre en photo les met encore plus en valeur, et ils n’en seront que plus contents. Personnellement, vu que tout le monde possède WhatsApp à présent, je leur donne mon téléphone pour qu’ils enregistrent leurs coordonnées et je leur envoie la photo.
Le coût de la vie
En Inde, le coût de la vie est modeste. Si vous voyagez avec un petit budget, c’est l’endroit idéal. Ici, la nourriture de base ne coûte pas cher, tout comme l’hébergement.
Ce qui en fait une destination accessible.
Là où il faudra être vigilant, c’est au niveau des prix des monuments. En tant qu’étranger, vous avez un tarif d’entrée différent de celui des locaux, et vous paierez parfois jusqu’à 10 fois plus qu’un billet local. Mais cette différence de prix est normale : premièrement, car le niveau de vie n’est pas le même, et ensuite, cette différence permet d’entretenir les monuments.
Les pourboires (« tips »)
Les tips sont monnaie courante et une forme de respect en Inde. Il peut être mal vu de ne pas en donner, que ce soit pour votre conducteur, votre guide, ou même au restaurant (où le service n’est pas inclus). Bien sûr, le pourboire reste à votre jugement, mais les montants ne sont jamais clairement définis.
Voici quelques repères :
- Chauffeur : environ 600 roupies par jour
- Guide : entre 500 roupies pour une demi-journée et 1 000 roupies pour une journée complète
- Restaurant : environ 200 roupies pour le serveur
De plus en plus d’hôtels et de lodges ont adopté la politique de la boîte à tips commune, pour éviter de devoir donner des pourboires à tout-va, et pour récompenser aussi le personnel « de l’ombre ». À la fin de votre séjour, n’hésitez pas à y déposer vos roupies. Elle se trouve généralement à la réception de l’hôtel.
Argent et dépenses
La monnaie locale est la roupie indienne (INR).
1 € ≈ 95 INR (taux approximatif à vérifier avant le départ).
Il y a de nombreux distributeurs automatiques (ATM), mais prévoyez toujours du liquide, car les cartes ne sont pas acceptées partout.
Les distributeurs sont facilement repérables grâce au sigle ATM, notamment dans les grandes villes. Vous pouvez y retirer de l’argent, moyennant des frais variables selon l’endroit et votre banque.
Pour éviter les frais supplémentaires (en plus des frais de la banque locale), j’utilise personnellement la carte bancaire gratuite de BoursoBank, avec 0 frais sur les paiements à l’étranger. Elle m’accompagne partout depuis plus de 7 ans, et je n’ai jamais eu le moindre problème.
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Vous pouvez bénéficier d’un bonus d’ouverture allant de 80 € à 130 €, et cela permet aussi de soutenir mon travail.
À noter : Même si vous avez une carte bancaire gold d’une banque traditionnelle, vous paierez quand même des frais supplémentaires, car vous payez dans une devise hors zone euro.
Renseignez-vous bien auprès de votre banque avant de partir pour éviter les mauvaises surprises.
Le mot de la fin
L’Inde, c’est un pays qui ne se visite pas, il se vit. Intensément. Pleinement. C’est une claque, dans le bon sens du terme. Ça bouscule, ça fait réfléchir, ça touche, et surtout… ça marque.
Je ne m’attendais pas à autant. À autant de sourires, à autant de rencontres, à autant de leçons aussi. C’est un pays qui ne laisse pas indifférent. On l’aime ou on ne l’aime pas, mais ce qui est sûr, c’est qu’on en revient différent.
Ce voyage m’a transformé. Il m’a appris à relativiser, à ralentir, à regarder autrement. Ici, on prend le temps, on vit au rythme des gens, on écoute, on partage, on apprend. Et c’est peut-être ça, le vrai luxe.
Alors si vous hésitez encore à partir en Inde, je n’ai qu’un conseil : allez-y. Sans attentes précises, mais avec l’esprit ouvert. Laissez-vous surprendre. Sortez des sentiers battus. Et surtout, prenez le temps de rencontrer les gens.
Parce que c’est là, dans ces petits moments simples et sincères, que réside toute la magie de l’Inde.

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