Photographie de voyage : au-delà des paysages, capturer l’humain

Quand j’ai commencé la photo, j’étais passionné par les paysages. Mon rêve était de voyager et de capturer les paysages que je voyais. J’étais tellement obnubilé par les paysages que j’avais oublié quelque chose d’autre qui était tout aussi important : les personnes que je rencontrais.

L’être humain doit avoir une place prépondérante dans les voyages, car ce sont les habitants des régions que nous visitons. Un simple bonjour, un regard, un geste amical peut tout changer. On peut apprendre de leurs cultures, essayer de comprendre la langue si on ne la parle pas, tout est important.

Aller vers l’humain fait toute la différence. C’est aller vers les autres, vers les inconnus.

On ne sait pas ce que cela réserve, mais on peut toujours avoir des surprises.

Aller vers l’humain, c’est aussi s’intéresser à leur vie, à leur quotidien, apprendre comment ils vivent. Nous avons tout à apprendre les uns des autres.

Vous n’êtes pas obligés de les prendre en photo. Parfois, rien que de passer un bon moment, discuter et rigoler vaut largement le coup de voyager, et ces moments-là sont très riches. Je vous garantis que les souvenirs resteront ancrés à tout jamais dans votre mémoire.

Parfois, le courant passe tellement bien que vous vous faites inviter par les locaux, et là c’est gagné. Vous avez montré que vous êtes digne de confiance et ouvert d’esprit pour partager un repas avec eux. La photo peut paraître secondaire, mais elle est en réalité tellement importante. Il m’est déjà arrivé d’oublier de prendre des photos, et je le regrette après coup. La plupart du temps, c’est tout simplement parce que je n’osais pas, j’avais peur. En vérité, il faut oser prendre en photo les inconnus.

Ce n’est pas facile au début. Il faut de l’entraînement, de la pratique, savoir gérer son appareil photo pour être prêt dans la seconde afin de capturer l’instant et ne pas faire patienter.

J’en parle, car actuellement j’ai remarqué qu’en plus des paysages, je ressens l’envie de photographier l’humain. Ce n’est pas facile, je suis encore hésitant, j’apprends, et j’aimerais, au cours des prochains mois, vous parler des progrès que l’on peut faire et des progrès que je vais faire.

J’ai toujours été admiratif des photographes qui capturent des inconnus. Partout où ils voyagent, ils reviennent avec des photos des personnes qu’ils ont rencontrées, parfois juste lors d’un regard, parfois durant des heures ou des jours. Les portraits sont toujours intrigants pour celui qui regarde la photo : quel est le nom du sujet ? D’où vient-il ? Que fait-il au moment de la photo ?

Je reste toujours passionné par les photos de paysages. J’aime capturer l’immensité du monde dans lequel nous vivons, mais de plus en plus, je prends également des photos des personnes qui vivent dans ce monde.

Que ce soit un portrait, une photo prise à la sauvette pour immortaliser un instant, ou même un selfie, je ne peux que vous recommander de prendre des photos. Pour moi, c’est ça un photographe voyageur.

Comment ai-je réussi à me débloquer et à oser prendre des photos d’inconnus ?

Tout d’abord, je suis un grand fan d’Antoine de Maximy. Je suis sûr que vous connaissez son émission « J’irai dormir chez vous ». Depuis tout jeune, j’ai toujours regardé ses épisodes où il va dans des pays du monde entier pour rencontrer les habitants et dormir chez eux. Cette émission a contribué à mon ouverture d’esprit, à aller vers les inconnus, et surtout à ne pas avoir peur d’eux. Car le plus gros problème de l’humanité, c’est sa peur de l’autre. Il est tout à fait normal d’avoir peur et d’être méfiant, mais il faut trouver un juste équilibre. Si nous montrons toujours que nous avons peur, cela se ressent et la méfiance s’installe également de l’autre côté. C’est à nous, voyageurs, d’aller vers les autres et de montrer que le monde ne va pas si mal que la majorité des gens le pensent.

Antoine de Maximy l’a sûrement compris. Il a montré maintes fois qu’il n’a pas peur de l’autre. Au contraire, plus il voyage, plus il s’enrichit humainement.

Je me suis donc demandé comment, de mon côté, je peux participer à construire un monde meilleur, à m’ouvrir l’esprit, et surtout à aller vers les autres malgré ma timidité. J’ai trouvé la réponse récemment grâce à la photographie.

Nous tous, nous pouvons contribuer à avoir un monde meilleur grâce à la photographie. La photographie est un langage universel, tout le monde peut comprendre une photo et l’interpréter. En montrant des inconnus, des scènes de vie d’ailleurs que notre quotidien, nous pouvons montrer qu’il y a de la vie ailleurs que dans notre région et notre pays. La culture peut être différente, mais il s’agit avant tout d’êtres humains, comme vous et moi.

La photographie de tous les jours de Nicolas Croce

J’ai parlé plusieurs fois de Nicolas Croce, ce photographe qui a créé le concept de la photographie de tous les jours. Le principe est simple : il faut toujours avoir son appareil photo sur soi et capturer tous les instants, toutes les personnes et les objets qui attirent notre regard dans le quotidien.

Avant, j’étais tellement cloîtré dans l’idée que mon appareil photo n’était destiné qu’aux voyages que je le rangeais sur une étagère, toujours content de le retrouver avant chaque départ. Mais j’avais totalement tort ! Comment puis-je m’améliorer en l’utilisant si peu ? C’est impossible, ou du moins très lentement.

Pour m’améliorer et être prêt pour chaque voyage, il fallait que j’utilise mon appareil photo tous les jours, qu’il soit avec moi toute l’année pour le connaître par cœur. Et le principe de la photographie de tous les jours de Nicolas Croce y contribue largement.

Je vous invite à lire le livre « Principes de la photographie de tous les jours » de Nicolas Croce. Il changera votre vision de la photographie comme il l’a fait pour moi. N’hésitez pas à compléter votre lecture par le deuxième volet « Libérez Votre Regard !.

Dans ces deux livres, l’auteur montre une autre vision de la photographie. L’appareil photo est là pour capturer des instants uniques que nos yeux repèrent. Il ne s’agit pas de technique, mais de prendre des photos avec notre vision et notre regard. D’entraîner nos réflexes et de déclencher le plus rapidement possible dès qu’une scène intéressante se produit. Mais pour cela, il faut de l’entraînement et, encore une fois, connaître par cœur votre appareil photo. Il est aussi essentiel d’avoir des réglages de base prêts pour toutes les situations. Dans son dernier livre, Nicolas Croce fixe comme objectif de déclencher en 3 secondes et il explique très bien comment y arriver, à condition de savoir sortir du mode automatique. Ce mode automatique peut totalement freiner votre sens artistique de la photographie.

C’est le photographe qui fait la photo et pas l’appareil photo.

À présent, j’utilise la photographie de tous les jours pour progresser en photo au quotidien et m’entraîner pour mes voyages. Grâce à ce principe, je connais mon appareil photo par cœur et je peux l’utiliser à l’aveugle, parfois sans regarder. Pour moi, c’est le but à atteindre pour chaque photographe. Pour cela, il faut s’attacher à un seul appareil photo et le garder le plus longtemps possible afin de le connaître sur le bout des doigts. Oui, il y a des innovations, chaque année de nouveaux appareils photos sortent et sont mis en avant par des influenceurs, mais en vérité, gardez à l’esprit que c’est le photographe qui fait la photo et pas l’appareil photo. À trop nous faire assister par des appareils de plus en plus sophistiqués, on perd le plus important : prendre des photos qui nous ressemblent et qui nous parlent.

Comme je le disais plus haut, j’ai été tellement influencé par les réseaux sociaux avec des paysages immaculés et parfaits que j’ai oublié un autre élément essentiel pour moi : l’humain.

Pour cela, il faut oser prendre en photo des inconnus.

Prendre une photo d’inconnus n’est certainement pas facile, mais cela peut s’apprendre. Je l’ai appris grâce à diverses formations, mais aussi en regardant les photos des maîtres en la matière sans chercher à les copier. Pour moi, les deux choses qui priment en premier sont vaincre sa timidité et savoir être prêt à prendre une photo sans perdre de temps.

Vous avez deux formations qui peuvent vous aider pour cela : « CAPTURER L’INSTANT DÉCISIF : 8 jours pour déclencher comme Henri Cartier-Bresson » et « PORTRAITS DE RUE : la méthode pas à pas pour enfin oser photographier les inconnus » toutes deux de Nicolas Croce. Il existe encore d’autres formations qui traitent du sujet de la photographie des inconnus, mais je trouve que ces deux formations regroupent très bien ce qui se fait ailleurs et l’auteur n’impose pas de style particulier. Son souhait reste de prendre des photos qui nous ressemblent et qui nous font envie, tout simplement.

Ne soyez pas trop exigeant, l’histoire compte plus que la technique. Ne cherchez pas tout le temps la photo parfaite, une photo floue n’est pas forcément ratée, si vous cherchez tout le temps la perfection, vous perdrez ce qui est essentiel : la photo en elle-même. Pire encore, vous pourriez manquer une opportunité d’une potentielle photo que vous garderez toute votre vie à cause d’une seule erreur : une quête incessante de perfection.

Je sais très bien de quoi je parle car j’ai manqué des occasions de capturer de nombreuses photos car mon appareil photo n’était pas prêt ou parce que j’avais la tête dans les réglages.

Pour moi, il n’y qu’une seule règle principale : être toujours prêt à prendre une photo.

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