Je trouve que cette question, nous ne nous la posons pas assez souvent.
Il s’agit d’une question que moi-même je ne pose pas assez souvent et j’ai tort. Tout est parti d’un livre que j’ai lu récemment : « Storyworthy » de Matthew DICKS. L’auteur propose un exercice très intéressant pour se rappeler de chaque jour passé en ayant une simple fiche Excel à remplir (il a intitulé cet exercice le Homework for Life) dans le but de se rappeler de sa vie mais également trouver de l’inspiration pour raconter des histoires, ce qui est le but de ce livre (je reviendrai peut-être dessus dans un article prochainement si cela vous intéresse).
Le passage que je trouve le plus intéressant est : (la traduction se trouve plus bas)
« Over the years, I have assigned Homework for Life to thousands of people, but only a small percentage has begun doing it. A tragically small percentage. This is because Homework for Life requires two things that are often lacking in the world today:
Commitment and faith.
Commitment that you will sit down every night and reflect upon your day. It’s crazy to think that you won’t give five minutes a day over to something that will change your life, but many won’t.
Instead, you’ll blindly give two hours of your life over to a television show that you will barely remember a year later. You’ll give at least that much time to aimless surfing of the internet and the liking of baby photos on Facebook, but you won’t give five minutes of your day to change your life.»
Traduit, cela donne :
« Au fil des années, j’ai demandé à des milliers de personnes de faire le Homework for life, mais seulement un petit pourcentage a commencé à les faire. Un pourcentage tragiquement faible. Cela s’explique par le fait que le Homework for life nécessitent deux choses souvent absentes de nos jours : l’engagement et la foi.
L’engagement de s’asseoir chaque soir pour réfléchir à sa journée. Il est surprenant de penser que beaucoup ne consacreront pas cinq minutes par jour à une activité qui pourrait changer leur vie, alors qu’ils donneront volontiers deux heures de leur temps à une émission de télévision qu’ils oublieront rapidement. Ils passeront aussi autant de temps à surfer sur Internet ou à liker des photos de bébés sur Facebook, mais ne prendront pas cinq minutes par jour pour changer leur vie. »
C’est surtout la dernière partie du texte qui m’a fait réfléchir. Il ne faut pas se cacher, beaucoup d’entre nous faisons cela : on va au plus simple, on scrolle sur les réseaux, on regarde la télé des heures durant toute notre vie, mais on est incapable de consacrer 5 minutes par jour à ce qui nous intéresse vraiment, à notre passion par exemple. Cinq minutes par jour, ce n’est rien, mais sur le long terme cela change énormément de choses. En 5 minutes, vous pouvez trier des photos, écrire un paragraphe, ou avancer sur ce projet qui vous fait tant rêver. Pour cela, il faut savoir consacrer du temps à vous-même et non à des divertissements qui ne vous apportent rien sur le long terme.
Comme le dit l’auteur, il faut de l’engagement et de la foi en soi. Il faut se faire violence et être strict avec soi-même pour aller vers nos rêves. Je ne dis pas qu’il faut éradiquer complètement la télé ou les réseaux sociaux de votre vie, mais se donner 5, 10, 30 minutes voire 1 heure par jour est déjà un très bon début.
Comment en arriver là ? Être régulier et se donner du temps ? La première solution est de commencer petit. Le but est d’installer une habitude avec le minimum de temps. Commencez par 5 minutes par jour. Une fois l’habitude installée, vous pouvez rallonger le temps à 10 minutes. Une fois que vous êtes à l’aise, continuez sur 15 minutes, et ainsi de suite.
Ce n’est pas moi qui ai inventé cette technique, mais de nombreux auteurs en parlent dans leurs livres et je l’ai apprise de Nicolas Croce. N’importe quelle routine nécessite du temps pour être installée et notre cerveau a besoin de temps pour s’adapter. Cette méthode progressive marche à tous les coups à une seule condition : l’engagement et la foi.
J’ai toujours installé mes routines de cette façon dans tous les domaines (sport, travail, écriture, formation et photo). Pour cela, il est important d’avoir un journal pour suivre votre progression, et j’utilise le Journal Idéal de Nicolas Croce que j’ai déjà présenté dans un article précédent sur la gestion du travail et de ma passion. Il me permet d’organiser mes journées, d’avoir une liste de tâches à faire et de ne jamais rien oublier tout en suivant mes progrès. Il permet également d’installer une routine en inscrivant cette routine parmi mes tâches quotidiennes jusqu’à ce qu’elle soit bien ancrée dans mes habitudes.
Si vous avez du mal à avancer dans vos projets et à trouver du temps à vous consacrer, je vous invite fortement à télécharger ce journal idéal. Sa version numérique est gratuite via ce lien, et vous pouvez l’imprimer pour créer votre propre journal et vous aider à réussir vos projets. Si vous souhaitez installer une routine, vous pouvez imprimer séparément le tableau ‘Suivi des Habitudes’ qui vous aidera à établir une routine sans oublier aucune journée. Gardez ce tableau près de vous, et vous verrez vos progrès se matérialiser.
Cela fait plus de 5 ans que j’utilise ce journal. Il m’a aidé à différentes étapes de ma vie, que ce soit durant mes études, dans l’écriture de ma thèse, puis dans l’écriture de mon eBook, et dans ma vie quotidienne. Quoi que je fasse, le journal est toujours près de moi.
Les distractions
Dans nos vies quotidiennes, nous sommes entourés de distractions. Les premiers objets de cette distraction sont nos smartphones. Ils sont conçus pour nous interrompre, hyper connectés, et ils ne nous laissent pas une seconde de répit tant les informations auxquelles ils peuvent accéder sont illimitées. Notre cerveau peut vite devenir dépendant si nous ne contrôlons pas leur usage. Le pire, c’est qu’en étant scotché à notre smartphone ou à notre télé, le temps ressenti vous paraîtra plus rapide. On peut dire que ces distractions siphonnent notre temps comme un aspirateur : on est sans arrêt absorbé et notre cerveau est hyper stimulé. Je me fais piéger plusieurs fois et, sans le savoir, une demi-heure peut passer sans que je m’en rende compte, alors que j’aurais pu faire d’autres choses plus intéressantes. À contrario, quand j’écris ou j’édite des photos, j’ai l’impression que le temps ressenti ralentit. Mon cerveau est concentré sur une seule tâche et je vois le temps passer agréablement. Est-ce que cela vous arrive aussi ?
Le temps « perçu » est une notion que l’on perd. On dit souvent que le temps passe très vite, mais il existe des méthodes pour « ralentir » ce temps perçu. La réponse est dans le titre de cet article : il faut nous consacrer du temps. Du temps à créer de nouvelles choses, à écrire, à lire, à photographier. Bref, du temps à consacrer à des activités qui excitent moins notre cerveau avec des récompenses rapides et immédiates et avec une attention fragmentée. En scrollant, on passe rapidement d’un contenu à un autre, cette fragmentation fait croire à notre cerveau que moins de temps s’est écoulé alors qu’en réalité ce n’est pas le cas. En vous concentrant sur une seule tâche, comme une activité manuelle ou l’écriture par exemple, nous avons une attention plus soutenue et continue avec moins de stimuli. On est tout simplement plus conscient du temps qui passe.
Ressentir ce temps qui passe est une sensation agréable. À la fin de la journée, nous avons cette sensation de tâche accomplie. Nous pouvons être fiers de nous et ne pas nous en vouloir d’avoir passé la journée ou la soirée à rien faire. Après avoir passé du temps à travailler sur notre projet, ne serait-ce que 5 minutes, nous avons cette sensation tangible et réelle d’avoir réalisé quelque chose. C’est le début d’un cercle vertueux qui peut vous mener loin dans votre projet.
Consacrer du temps à nous-mêmes demande plus d’effort et de temps mais procure une satisfaction plus profonde et durable, tandis que passer son temps à regarder la télé ou à scroller offre des satisfactions instantanées mais superficielles, qui ne nous rapportent rien à long terme.
À vous de choisir à présent.
Soyez des acharnés du travail
Quand je raconte à certains de mes étudiants en pharmacie comment je travaillais quand j’étais à leur place, ils peuvent parfois être surpris. Surtout lors de ma dernière année, je me réveillais très tôt pour avancer dans ma thèse, je partais en cours ou en stage, je travaillais toute la journée, puis je rentrais pour réviser et préparer mes examens. Il était rare que je me laissais une soirée à rien faire. Je voulais réussir, je voulais avoir mon année et plus tôt j’avais ma thèse, plus tôt je pouvais me consacrer à autre chose. J’étais en mission. Heureusement que j’avais très bien avancé, car le COVID est passé par là. Cette avance m’a permis de travailler, d’avoir le droit de sortir de chez moi et de ne pas être confiné.
De même, quand j’ai commencé la pharmacie, tout me paraissait dur. Je découvrais un nouveau monde avec des milliers de médicaments à connaître. En plus de mes cours à la fac, je travaillais à côté dans une pharmacie. Pour ne pas sembler médiocre devant mon employeur, je me réveillais très tôt. Je révisais les médicaments que je ne connaissais pas en même temps que mon petit déjeuner. Au début, c’était 5 minutes et le réveil était difficile. Puis, je me réveillais sans alarme et je révisais mes notes bien avant le petit déjeuner. Au moment de partir, j’avais déjà révisé des dizaines de molécules avec leurs indications, leurs posologies et leurs conseils associés.
Pour réussir dans un domaine, il n’y a pas de secret : il faut savoir se consacrer du temps et surtout être régulier. La régularité est derrière toute réussite, mais aussi l’engagement et la foi qui jouent un rôle très important.
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